Mauvais Sucre
DISPOSITIF CHORÉGRAPHIQUE TRANSMISSIBLE
 Ville d’Artigues-près-Bordeaux

L'esprit du projet

  • « Le projet Mauvais sucre est né d’une observation en milieu scolaire. J’ai éprouvé l’envie de créer pour les enfants et avec les enfants une forme chorégraphique légère mettant en exergue leur formidable puissance juvénile. Il y avait devant moi une sorte d’organisation sociale, un rassemblement d’individualités contraintes à s’épanouir au sein du groupe. Une formation archaïque et chaotique, une société mouvante destinée à poursuivre un futur commun. Une épopée… »  (Gilles Baron, Chorégraphe)
  • Mauvais Sucre n’est pas un spectacle figé. Mauvais Sucre n’est pas une chorégraphie reproductible. Mauvais Sucre est une possibilité chorégraphique, un dispositif transmissible imaginé par le chorégraphe Gilles Baron, en partenariat avec le Cuvier – Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine pour les enseignants de maternelle et de cours préparatoire désireux d’animer des ateliers chorégraphiques avec leurs élèves. Testé pendant quelques mois par le chorégraphe auprès de quatre classes pilote de CP de la ville d’Artigues-près-Bordeaux, Mauvais Sucre pose l’idée d’un partage d’énergie, d’une forme chorégraphique capable de s’emparer de la puissance juvénile, sans la brider. Les enfants expérimentent la constitution, en mouvement, d’une oeuvre commune. Elans, chutes syncopées, courses groupées et trajectoires individuelles fulgurantes peuplent un espace où résonne un tragique archaïque.
  •  Après un format référent présenté en février 2015 dans le cadre du festival jeune public Pouce !, Gilles Baron propose que d’autres s’emparent de cette matière chorégraphique, en leur livrant ses outils et ses pistes d’exploration, un cadre dramaturgique et des principes chorégraphiques prédéfinis. Ces ateliers menés par les enseignants eux-mêmes, avec l’accompagnement du chorégraphe, s’appuient sur une boite à outils dans laquelle ils puisent les éléments qui leur conviennent le mieux, pour guider et partager, avec leurs élèves, une interprétation de ce Mauvais Sucre.
  • Dans cette transmission, et cette possibilité d’adapter et de reconfigurer à l’infini la proposition, Mauvais Sucre invente un processus de co-création où se dévoilent mille et un potentiels de mise en mouvement et de partage de l’espace. Une autre manière de penser l’acte créateur et de transmettre la danse.

La genèse du projet

    • En 2014 la Cie Gilles Baron propose, en partenariat étroit avec le Cuvier – Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine, de réaliser un dispositif de création chorégraphique transmissible en direction des enfants : Mauvais Sucre.
      Le chorégraphe souhaite : « mettre en exergue, par des principes chorégraphiques la notion de territoire, d’espace commun, explorer par des compositions d’états et de formes une dialectique personnelle, pour aboutir à la réalisation de leur propre création : l’élaboration d’une tribu incandescente. L’éclosion d’un printemps sans cesse renouvelé…» (Gilles Baron)
    • Ce projet pédagogique, élaboré pendant plusieurs mois, a été testé sous forme de laboratoire expérimental avec quatre classes de CP de septembre 2014 à janvier 2015. 50 heures au cours desquelles Gilles Baron a construit pas à pas un dispositif dansé à transmettre aux enseignants désireux d’explorer le mouvement lors d’ateliers chorégraphiques. Rien n’est prémédité, tout se construit autour des enfants, en rebondissant sur leurs réactions, en s’adaptant à leur disponibilité, leur capacité de concentration, leurs états, leurs réponses. Les 4 et 6 février 2015, Gilles Baron présente lors du festival jeune public Pouce ! du CDC, deux formes possibles, deux interprétations de ce dispositif chorégraphique, d’une durée de 12 à 15 minutes chacune.
    • En parallèle, Gilles Baron élabore une boite à outil sous forme de ressource numérique, de janvier à juin 2015, outil destiné à guider les enseignants et leur fournir la matière pour animer les ateliers chorégraphiques avec leurs élèves et puiser une matière à restitution.Désormais, Gilles Baron propose aux enseignants d’autres écoles et d’autres lieux de s’emparer de son dispositif pour mener des ateliers chorégraphiques, d’une durée de 18h, auprès de leurs élèves et aboutir à un temps de restitution singulier.

    Les principes chorégraphiques

    • « L’idée de la combustion d’énergie est venue lors de mes précédents ateliers,  j’ai comparé leur attention, leur implication à une montée de sucre … Ils développaient une succession de fragments, de saccades et de syncopes. » (Gilles Baron)
    • Pour amener les enfants à se saisir d’une matière chorégraphique, des sensations, une disponibilité des corps et un état de concentration, Gilles Baron choisit non pas de montrer des mouvements mais de suggérer des états. Rien n’est reproduit, tout mouvement naît d’une incorporation de la consigne par l’enfant.
    • Il les guide en leur proposant de lignes conductrices autour : d’émotions (la colère, la peur), de textures (le jeté, le mou), d’images (le miel, la délicatesse), de sons (le cri), etc… La danse n’est pas abstraction mais se nourrit de sensations et de directives simples : mouvements à partir du bassin, courses, batailles, silence et vacarme.
    • Les enfants élaborent ainsi leur propre expression du mouvement, individuelle, singulière, tout en prenant conscience d’appartenir à un groupe, dans des interactions corporelles. Dans cet aller-retour permanent entre expression individuelle et attention au groupe se jouent des changements de rythme et des reconfigurations qui bousculent leurs a priori et représentations. C’est là que naît une expression singulière.
    • Dans la définition d’un espace circonscrit, les enfants expérimentent l’idée du commun et trouvent leur place, leur mobilité en fonction des autres. L’espace cadré, définit leur aire de jeu, et par là même décuple les possibilités de l’explorer de manière dynamique.

    La dramaturgie de l'archaïque

    • «À travers un jeu de territoires mouvants, de constellations gazeuses, de courses, d’élans, cette communauté incandescente consume son énergie pour en faire apparaître une chaleur commune et fondatrice. Cette urgence au projet commun place l’enfance devant l’enfant, pour atteindre un embrasement archaïque fondateur.» (Gilles Baron)
    • Ce qui peuple Mauvais Sucre est une énergie vitale, un «embrassement archaïque» qui met en présence aussi bien la noirceur que la spontanéité et l’élan juvénile. Gilles Baron a fait appel à des peurs ancestrales, des cris primaires, aux chutes et à la violence, aussi bien qu’à la fragilité, la douceur et la délicatesse. La dramaturgie imaginée se peuple d’une bande-son sourde, de cliquetis, d’un extrait du Récit de Théramène dans Phèdre. Les corps expriment tour à tour la peur, la colère, le corps social se regroupe, s’amasse, s’entasse ou se disperse à la vitesse de l’éclair. Les enfants se confrontent à une histoire tragique, à un récit. L’idée de la traversée d’une épopée les guide pour tenir une intensité pendant le temps  restitution.

    Les intentions éducatives

    • Ces ateliers chorégraphiques visent au développement moteur, à l’élargissement des perceptions spatiales et dynamiques, à l’épanouissement personnel de l’enfant au sein du groupe. En encourageant l’enfant à s’exprimer par le mouvement, Mauvais Sucre déploie toute une palette de sensations, de textures à explorer, de possibilités de découvrir d’autres moyens d’être en présence et de composer avec les autres enfants. Le groupe devient le centre permanent de l’attention, l’antidote à la fragmentation.Le projet cherche à :
      – Enrichir la linguistique corporelle et en cela constituer une culture personnelle sensible pour chaque enfant
      – Déconstruire les représentations
      – Conserver et entretenir la spontanéité des enfants
      – Éveiller à l’être ensemble à travers la construction d’une oeuvre commune
      – Rendre l’enfant disponible
      -Transformer son rapport à l’autre
      -Développer l’imaginaire et le sensible

    La réalisation

    • Mauvais Sucre n’est pas une proposition figée, ni une forme arrêtée. Bien que Gilles Baron ait proposé deux configurations possibles lors de la restitution présentée dans le cadre de Pouce !, à Artigues-près-Bordeaux, cette forme ne fait pas modèle. Elle est seulement l’une des possibilités. Dans la transmission, vient l’idée qu’un enseignant, familier ou non avec le mouvement et la danse contemporaine, puisse s’emparer des outils pour construire, à son tour, un agencement de formes qui lui soit propre. Gilles Baron intervient à plusieurs moments de ces ateliers pour poser un regard sur l’écriture chorégraphique et guider l’enseignement vers une forme de restitution originale.
    • De la même manière que le chorégraphe a avancé pas à pas, en fonction des réactions des enfants, pour élaborer ce projet, les enseignants peuvent approfondir certains tableaux qui interpellent mieux leur groupe d’enfants, abandonner d’autres qui ne semblent pas les mobiliser. Ce souci de s’adapter et d’avancer dans une préoccupation permanente d’agir sans idée préconçue de la représentation constitue un des enjeux majeurs du projet.
    • Afin de découvrir les outils que Gilles Baron et les autres contributeurs du projet mettent à la disposition des enseignants, nous vous invitons à découvrir les onglets « Transmission », « Ressources » et « Montage projet ». L’onglet « Episodes » rendra compte des expériences passées et à venir.

    La compagnie Gilles Baron

    •  L’Association Origami est implantée à Biscarrosse en région Aquitaine depuis 2004. L’Association développe essentiellement les projets artistiques du chorégraphe Gilles Baron. Elle se compose d’artistes chorégraphiques, d’artiste de cirque, de comédiens, de scénographes, de plasticiens sonores, tous réunis autour d’une volonté commune faire exister une idée, un texte, révéler un espace. « Nous sommes animés par un sentiment commun : la mise en oeuvre d’un corps comme matière sensible. Un corps sensitif qui sans cesse fluctue, mute, résonne, s’altère face au monde ».
    • Gilles Baron, chorégraphe Aquitain, élabore un travail au croisement des arts. Il développe une écriture du sensible, un désir de narration entre cirque, danse et théâtre. Du cirque, de cet espace en friche en perpétuelle recherche, il aime conserver le caractère composite et libre. Il met au centre de son travail le choix de ses interprètes pour évoquer ensemble les fulgurances du corps. Ses dernières créations sont toutes traversées de désir et d’intimité. Il conçoit le corps comme le lieu de l’inconscient les résonances de nos espérances et de nos peurs intimes.
      Danseur de formation classique, il aborde une démarche contemporaine en tant qu’interprète au sein de diverses compagnies les Ballets Rheda / la Cie Pierre Doussaint / le Ballet théâtre Joseph Russillo/ la Cie Yvann Alexandre / La Cie Serge Ricci /Cie Thomas Duchatelet / Cie Rainer Behr (Cie Pina Bausch). / Cie Alias (Suisse) / Cie Rui Horta (Portugal) / Cie Samuel Mathieu / Le Phare Centre Chorégraphique National du Havre Haute-Normandie Emmanuelle Vo-Dinh. Parallèlement à son travail d’interprète, il développe une démarche chorégraphique et obtient plusieurs prix chorégraphique (1er prix du Concours International de Danse de la ville de Paris), 1er prix des Concours de Sens (96) et Violinine (97) Pantin (97). Yourgos Loukos directeur du festival international de danse de Cannes lui commande une pièce Document 01 pour la onzième édition du festival. Il rencontre Marie-Claude Pietragalla pour qui il écrit un solo Document 01 solo et part à ses côtés en tournée à travers le monde. Il crée à Tokyo Jardin du ciel. En 1998 Gilles est invité à mettre en scène les travaux de fin d’études des étudiants de L’Ecole Nationale des Arts du Cirque de Rosny. Cette collaboration sera un moment important dans son parcours de chorégraphe. De cette rencontre avec les arts de la piste naîtra l’envie de s’associer à la Cie de nouveau cirque Armance Brown / Bruno Krief pour créer une pièce de cirque et danse: Eclats sol air.  En 2003, il poursuit son travail de fusion des arts et chorégraphie à Polverigie (Italie) un Opéra contemporain mêlant les techniques aériennes de cirque et la danse. Il réalise également pour numéro neuf de cirque, manifestation produite par la SACD, un court-métrage Crashed Body 01 mettant en scène un numéro d’équilibriste interprété par Jean-Baptiste André. En 2004 il met en scène Droit comme la pluie… spectacle où se mêlent cirque danse et théâtre. Cette pièce sera présentée au festival Novart à Bordeaux. En 2006 il crée Oozing tears en coproduction avec l’agora de Boulazac et le TNBA et l’OARA. Ces collaborations avec le cirque le mènent en 2007 en Tunisie pour mettre en scène Halfaouîne pour le Cirque National de Tunis. En 2011 Gilles Baron s’engage dans une nouvelle création de cirque chorégraphié. Une création qui interroge le corps vieillissant des artistes de cirques, qui étudie la transformation de leurs corps en lien à la pratique et la répétition de leurs numéros. En 2012 il questionne la notion de territoire et écrit le solo Sunnyboom qu’il interprète en forêt. En 2013 il en propose une version intérieure présentée au Cuvier, Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine. Cette même année, il signe une convention de compagnonnage avec le Théâtre Olympia, Scène conventionnée pour la danse d’Arcachon et c’est dans ce cadre qu’il présente Rois en septembre 2013, puis La nuit entre deux soleils en 2014. Cette création sera ensuite présentée dans le cadre du Festival NOVART au Cuvier – CDC.

     

    Les partenaires

      • L’atelier Canopé 33, Le Cuvier – Centre de Développement Chorégraphique d’Aquitaine, Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Aquitaine, iddac (Agence Culturelle de la Gironde), Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale , l’école élémentaire du Parc à Artigues-près-Bordeaux, la Ville d’Artigues-près-Bordeaux & l’Association Origami/ Cie Gilles Baron.