La Bohème : approche musicale

Vignette_Dossier_pedagoLa Bohème : approche musicale
Par Jean Bourdoncle, professeur d’éducation musicale

La Bohème de Giacomo Puccini : le livret

Livret : Giuseppe Giacosa et Luigi Illica
D’après le roman d’Henri Murger, Scènes de la vie de bohème, et son adaptation théâtrale La Vie de bohème.
Créé au Teatro Regio de Turin le 1er février 1896

Le contexte de création de l’œuvre

  • Des étudiants, tous amis, vivent dans un appartement dans le quartier latin à Paris. C’est l’hiver, la neige et le froid rendent la vie plus rude. Mal chauffés et peu équipés, ces amis tous artistes… un littéraire, un philosophe, un musicien, un peintre…, aiment cette vie de bohème au hasard des rencontres.
  • « À la fin du XIXe siècle en Europe, le monde de l’opéra s’est diversifié. De nombreux courants esthétiques s’opposent, se croisent ou se mélangent – romantisme, vérisme, symbolisme, naturalisme – en dépit des incompatibilités théoriques.
    L’opéra à numéros et son système d’organisation (alternance d’air et récitatif, d’ensembles et de chœurs ou de ballets) ne satisfait plus les compositeurs. Le leitmotiv apparaît comme une alternative séduisante et efficace pour garantir l’unité musicale. Sa fonction, plus que de représenter de façon préétablie un personnage, un objet ou un sentiment, est d’induire une atmosphère musicale. (…) Giacomo Puccini va s’inspirer de cette technique d’écriture, à sa manière, sans ressembler à l’utilisation du leitmotiv très poussée chez Wagner dans l’opéra allemand. (…) Henry Murger (1822 – 1861) écrit Les scènes de la vie de Bohème qu’il publie d’abord sous forme de feuilleton entre 1845 et 1848 dans le journal parisien Le Corsaire. Il en tire ensuite une pièce de théâtre en 1849 qui connait un brillant succès au Théâtre des Variétés, puis un roman salué par Victor Hugo et publié chez l’éditeur Michel Lévy en 1851. Le sujet traite de la vie de jeunes artistes dans le Paris de 1830. Joies, peines, frasques, amours et amourettes y sont évoqués sur un ton cocasse et pittoresque. Du début à la fin de l’ouvrage, l’esprit et la fantaisie du langage jouent un rôle fondamental. Les scènes connaissent un succès phénoménal en France et en Italie où une traduction paraît chez Sonzogno en 1872. Cet engouement inspire le compositeur Ruggero Leoncavallo qui entreprend la composition d’une « Bohème », sensiblement à la même époque que quand Puccini émet le projet de créer son opéra. L’œuvre de Leoncavallo sera mieux accueillie en Italie à son époque, que celle de G.Puccini. »
    Extrait du dossier pédagogique La Bohème réalisé par Françoise CARRET, professeur d’Éducation musicale, responsable du service éducatif associé au Chorégies d’Orange.

Les thématiques de l’œuvre

  • Paris dans les années 1830
    « L’ouvrage évoque la ville. C’est la première fois que la ville est représentée à l’opéra de manière moderne : le quartier latin, Montmartre, la mansarde du peintre, le café Momus. La collection du Musée Carnavalet à Paris illustre différentes facettes de cette vie de bohème typique des années 1830. On peut donc s’y référer d’un point de vue historique, ethnologique. (…)
  • La jeunesse insouciante
    Les auteurs ont choisi une jeunesse émancipée et pleine de fougue pour incarner la désinvolture et la frivolité qui caractérisent l’attitude des Bohèmes, leurs espoirs et leur croyance en l’immortalité de l’amour et de l’amitié, leurs déconvenues aussi. La jeunesse apparaît comme une représentation métaphorique de cette Bohème artistique. (…)
  • L’amour
    Loin des conventions bourgeoises, du mariage d’intérêt, l’amour passion, l’amour flamboyant et l’amourette évoquent les mœurs de toute une époque, en mettant l’accent sur la recherche de liberté et l’affranchissement vis-à-vis de la société. (…)
  • La vie de bohème
    C’est un thème cher à G.Puccini. Lui-même eut une jeunesse désargenté, et déclina même un poste de professeur au Conservatoire, renonçant ainsi à une certaine sécurité matérielle. Ce thème entre aussi dans les préoccupations des deux librettistes qui s’inscrivent dans le mouvement de la Scapigliatura. La vie de Bohème réfère à une véritable philosophie de la vie et marque de son empreinte toute une génération d’artistes. Ce thème ouvre un espace dans lequel peuvent s’exprimer des problématiques concernant le rapport de l’artiste avec la société bourgeoise. »
    (Points précédents extraits du dossier pédagogique La Bohème réalisé par Françoise CARRET, professeur d’Éducation musicale, responsable du service éducatif associé au Chorégies d’Orange)
  • Mimi et Roldolfo
    L’étude du couple Mimi et Rodolfo montre une réelle évolution des personnages au cours de cet opéra. Rodolfo souhaite l’amour de Mimi. Mimi va faire confiance à Rodolfo. Celui-ci, aveuglé par une jalousie maladive, n’arrive pas à laisser une réelle place dans sa vie à Mimi. Mimi va se mettre à douter. Prenant comme confident Marcello, elle croit avoir une solution pour éviter une séparation. Marcello en parlera à son ami Rodolfo. Mais Mimi est malade. Une séparation en hiver n’est pas envisageable, mais ce temps laissé n’est il pas un moyen de se retrouver ? Rodolfo prêt à une séparation n’est pas prêt réellement à cela. Il aime Mimi et lui montre son amour auprès d’elle sur son lit de mort. La musique de Puccini nous invite à réfléchir sur cet amour, très certainement réel et profond.
  • Musette et Marcello
    Musette et Marcello sont liés l’un à l’autre par un amour frivole. Le côté amour charnel ou amour par intérêt est plus important que toute autre chose. Musette change d’homme au fil des rencontres sans trop se soucier de l’état dans lequel elle laisse le précédent. Mais en fait, au plus profond de lui, Marcello est réellement amoureux. Les motifs musicaux qui lui sont attribués par Puccini ne montrent ils pas cela ? Le fait que Mimi soit malade va inverser un peu l’attitude de Musette qui finalement se reconnaît en Marcello. Mais cette insouciance peut elle disparaître ? De par ces deux situations de relation de couples, Puccini dépeint musicalement la société de la fin du XIXe au début du XXe.
  • La séparation
    La vie de Bohème, chère aux artistes et à leurs statuts, n’est elle pas le support réel, favorisant l’acte de création ? Une séparation entraîne émotions de tous extrêmes. Elle peut déclencher le désespoir, comme l’insouciance. On a dans cet opéra deux séparations bien différentes, comme des amours totalement opposés. Ce sont les faits de la vie, ici la maladie de Mimi, qui finalement vont rapprocher les personnes. La musique de Puccini dépeint parfaitement ces émotions par des motifs musicaux revenant à certains moments importants des rencontres et rappelant l’auditeur à des valeurs émotives qui évoqueront peut être pour lui de nouvelles émotions. Au final, les deux couples ne sont-ils pas réellement amoureux pour la vie ?
  • La maladie
    La maladie est l’élément central qui va déclencher le ressenti réel de chacun. Rodolfo est de plus en plus attaché à Mimi et, confronté à sa maladie, on le voit crier son nom sur son lit de mort, un cri d’amour bien réel, entrainant une séparation physique.
    Qu’en est-il de Musette ? En fait Musette s’est attachée à Mimi. C’est elle qui annonce à Rodolfo qu’elle est malade. Musette va changer au cours du quatrième acte, même si la frivolité et l’insouciance sont liées à l’image que l’on a d’elle, ne va-t-on pas découvrir une Musette attachée intérieurement aux personnes et de fait à Marcello ?
Propositions et conseils pour la mise en œuvre des analyses avec les élèves
Paris dans les années 1830, la jeunesse insouciante, l’amour, la vie de bohème, Mimi et Roldolfo , Musette et Marcello , la séparation , la maladie, sont des thèmes à développer par les élèves sous formes d’exposés. Il est souhaitable de leur demander, pour ce travail, d’utiliser un logiciel libre de droit (exemples : openoffice, staroffice) dans lequel ils pourront créer un diaporama en insérant des extraits musicaux et des images via le logiciel Impress et ainsi valider des compétences du socle commun et du brevet informatique.
Afin d’arriver à ces productions, une démarche de présentation de l’œuvre de Puccini est à mettre en œuvre dans les préparations de cours et les cours.
Beaucoup d’éléments de compréhension de cet opéra sont dits dans la musique. Il y a peu d’actions sur scène. Un travail de mémorisation de nombreux motifs, intervalles, et airs, est à mener dans le cadre de la préparation de cet opéra.
Les points de départs les plus importants sont une bonne connaissance des personnages et de leurs voix, de leurs caractères principaux et de leurs rôles respectifs. Une bonne connaissance du livret par des résumés courts et précis de chaque acte est nécessaire à la première approche de cet opéra. Arrive ensuite un travail plus long et plus méticuleux sur l’analyse musicale des principaux éléments de chaque acte.

Les personnages - Les voix

  • Rodolfo Voix de ténor
    Poète, Rodolfo rencontre Mimi au hasard d’une chandelle qui s’éteint sur un pallier. Quelques joies mais beaucoup de souffrances, jusqu’à même vouloir quitter Mimi, sans réelle raison, un soir d’hiver.
  • MarcelloVoix de baryton Ambitus (sib1 à fa#3)
    Peintre, artiste, ami de Musette. Leur relation est basée sur le libre consentement et peut varier au jour le jour. On ne se trouve pas dans la logique des liens indestructibles du mariage.
  • MimiVoix de soprano
    L’amie de Rodolfo, couturière, qui vivra de joies mais aussi de souffrances. Un bonheur menacé de s’éteindre à chaque instant.
  • Musetta Voix de soprano
    Chanteuse, amie de Marcello. Elle est excentrique, pleine d’énergie et fière.
  • SchaunardVoix de baryton
    Un musicien très bavard, et très ami de Colline, le philosophe.
  • CollineVoix de basse
    Philosophe, plus moral, ne partage guère les idées et les frivolités de ses camarades.
  • Benoit, maître de la maison
  • Alcindoro, conseiller d’État
  • Parpignol, vendeur de jouets
  • Un sergent des douanes
  • Étudiants, vendeurs, enfants, soldats : le chœur

Le résumé

Les résumés ci-dessous sont extraits du programme édité par l’ONB en 2014 pour : La Bohème, mise en scène de Laurent Laffargue.

  • Le livret
    La Bohème est un opéra en quatre tableaux. Dans une mansarde, quatre jeunes artistes vivent au jour le jour en attendant la gloire ou, pour le moins, une vie meilleure : Rodolfo l’écrivain, Marcello le peintre, Schaunard le musicien et Colline le poète. Deux couples se forment : Mimi, la douce marchande de fleurs, et Rodolfo ainsi que l’exubérante Musetta et Marcello. La brève mais intense histoire d’amour entre les premiers se termine de manière funeste et illustre la fragilité du bonheur. La faim, les loyers impayés, la maladie – témoignent d’une misère matérielle et physique – pourraient être le prétexte à un développement pathétique, pourtant, La Bohème rayonne de vie, de gaîté et de poésie. Le comique comme le drame cohabitent dans un quotidien fait de rêves, d’espoirs mais aussi de déceptions et de mélancolie. L’idée directrice du froid présent dans les quatre tableaux contraste avec l’exubérance et l’insouciance de la jeunesse, la chaleur de l’amour. Conjuguant avec virtuosité toute la palette des émotions, Puccini décrit un mode d’existence qui lui rappelait celui qu’il avait connu alors qu’il était étudiant au Conservatoire de Milan.
  • Tableau 1 – Une mansarde
    Paris est recouvert de neige. Le poète Rodolfo et le peintre Marcello tentent de se réchauffer en vain dans la mansarde qu’ils louent. Le philosophe Colline arrive suivi du musicien Schaunard paraissant avec de l’argent en poche, les bras remplis de nourriture et de bois pour la cheminée… Rodolfo, Marcello et Colline essayent de s’emparer des denrées les plus appétissantes mais Schaunard les convainc de les réserver pour les mauvais jours et d’aller dîner, en cette veille de Noël, dans un café du quartier latin. Alors qu’ils se préparent à partir, Benoît, le propriétaire de leur misérable logement, frappe à la porte pour réclamer le loyer. Les jeunes gens l’invitent à partager un verre avec eux et le poussent à conter – l’alcool aidant – ses rencontres légères. Lorsque le vieillard annonce qu’il est marié, ils prennent un air offensé et le jettent dehors, se débarrassant par-là de leur dette. Les compères quittent enfin la pièce pour se rendre au café, à l’exception de Rodolfo qui achève la rédaction d’un article. Soudain, une jeune femme – Mimi, une voisine – se présente à la porte pour demander du feu car sa chandelle s’est éteinte. Rodolfo la lui rallume. Mimi s’apprête alors à repartir mais se rend compte qu’elle a égaré sa clef. Un courant d’air éteint à nouveau sa chandelle. Rodolfo souffle discrètement la sienne. Ils sont tous deux plongés dans la pénombre cherchant la clef à tâtons. Leurs mains se croisent bientôt, les mots qu’ils échangent deviennent de tendres paroles et leurs cœurs s’enflamment. Les cris d’impatience de Marcello, Colline et Schaunard les interrompent. Rodolfo invite Mimi à rejoindre ses amis au café Momus.
  • Tableau 2 – Le Quartier latin
    La ville est en fête. Poursuivi par des enfants, Parpignol, recouvert de jouets passe… Arrivé chez Momus, Rodolfo présente Mimi à ses amis. Musetta arrive au bras de son nouveau protecteur et aperçoit bientôt Marcello, son amant d’hier, qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. Au premier prétexte venu, elle écarte le vieil imbécile qui l’accompagne et tombe dans les bras de Marcello avant de quitter le café en compagnie des jeunes gens. Revenu, le protecteur ne trouve plus que l’addition du copieux repas de fête à payer.
  • Tableau 3 – La Barrière d’enfer
    Marcello habite maintenant avec Musetta. Mimi le cherche et demande à lui parler. Il écoute alors la jeune femme qui lui dépeint la jalousie de Rodolfo, source de conflits incessants. Apercevant son amant, Mimi se cache. Rodolfo et Marcello entament une discussion. Le poète avance quelque argument – la coquetterie de Mimi – pour justifier son attitude mais finit par dire à son ami la vérité : Mimi est malade. Rongée par la tuberculose, son état s’aggrave de jour en jour et Rodolfo, souffrant de ne pas pouvoir lui offrir le confort minimum, souhaite qu’elle fuie l’existence minable qu’il lui propose. Mimi a tout entendu. Une quinte de toux trahit sa présence. Rodolfo et Mimi résignée, songent à se quitter mais reviennent sur leur décision préférant repousser au printemps leur séparation. La coquetterie de Musetta et la jalousie de Marcello provoquent entre eux une nouvelle brouille.
  • Tableau 4 – La mansarde
    Rodolfo et Marcello tentent de travailler mais, envahis par la mélancolie, ne parviennent pas à trouver l’inspiration.
    Colline et Schaunard paraissent. Les quatre compères plaisantent, faisant de la seule nourriture qu’ils ont pu s’offrir – un hareng et un morceau de pain – un dîner grandiose. Musetta arrive précipitamment, accompagnée de Mimi qui a voulu revenir dans la chambre ayant abrité son trop bref bonheur. Mais la santé de cette dernière est extrêmement préoccupante. Chacun essaye d’adoucir sa souffrance. L’état de Mimi semble connaître une amélioration et, sur les conseils de ses amis qui l’invitent à se reposer, elle s’endort paisiblement. Rodolfo ose encore espérer. S’approchant du lit, Schaunard constate que Mimi est morte et en informe Marcello. Troublé par l’étrange regard de l’assistance, Rodolfo, bouleversé, comprend qu’il vient de perdre celle qu’il aimait.

Mises en scène - Décors - Costumes

La Bohème, opéra vériste ?

  • Définition « Opéra vériste »
    « Le vérisme est un mouvement artistique italien de la fin du XIXe siècle – héritier du naturalisme français de Guy de Maupassant, d’Émile Zola ou de leur précurseur Honoré de Balzac – qui s’est manifesté entre autres dans la littérature et l’opéra. Ce courant cherche à transcrire une action dramatique de façon réaliste presque comme un documentaire. » Source Wikipédia
  • Mme Françoise Carret, professeur d’éducation musicale et responsable du service éducatif associé au Chorégies d’Orange, donne une réponse intéressante à cette problématique :
    « Dans La Bohème, Puccini fait œuvre de «réalisme poétique», en opposition au mouvement vériste auquel on l’attache à tort. Dans ce mélange de romantisme et de réalisme, il décrit la vie insouciante, malgré les difficultés matérielles, de compagnons artistes et de leurs petites amies (avec l’opposition d’un couple « tragique », Rodolfo-Mimi, et d’un couple « fantaisiste », Marcello- Musette). D’une exubérance pleine de jeunesse, les Scènes de la vie de bohème de Mürger rappelaient à Puccini un mode d’existence qu’il avait lui-même connu, lors de ses années de Conservatoire. »

Le compositeur : Giacomo Puccini

  • Giacomo Puccini – 1858-1924
    Puccini est connu principalement pour ses opéras créés entre 1893 et 1926, de la fin du Romantisme et début du Postromantisme à l’Époque moderne.
    Manon Lescaut 1893
    La Bohème 1896
    Tosca 1900
    Madame Butterfly 1904
    La fanciulla del west 1910
    Il tricitto 1918
    Turandot 1926
  • Opéras créés en 1896
    Dans le cadre de l’Histoire des arts, il est aussi souhaitable de resituer cet opéra dans le contexte musical de l’époque. On s’aperçoit alors de la grande mode des opéras comiques majoritaires par rapport à l’opéra « dramatique ».
    Andréa Chénier, Umberto Giordano – Opéra Vériste
    Le chevalier d’Harmental, André Messager – Opéra Comique
    Der Corregidor, Hugo Wolf – Opéra Comique
    The grand Duke, Arthur Sullivan – Opéra Comique
    Jungfrun i tornet, Jean Sibélius
    Pépita Jimenez, Isaac Albeniz – Opéra comique
    La poupée, Edmon Audran – Opéra comique
    Santa Maria, Oscar Hammerstein – Opérette
    The scarlet letter, Walter Damrosch – Opéra dans le style wagnérien
    Weather or no Bertram, Luard-Selby – Opéra comique
    Zanetto, Pietro Mascagni

La Bohème de Giacomo Puccini : analyse musicale

Généralités : l'orchestre, la structure de l'œuvre

Il existe de nombreux extraits vidéos sur internet qui vous permettront d’illustrer musicalement tous les exemples musicaux ci-dessous. On peut bien entendu aussi chanter les extraits et les faire entendre au piano. Il est très important pour cet opéra que la phase pratique musicale des élèves soit importante pour mieux s’approprier la musique de Puccini. L’orchestre est un réel élément de compréhension de cet opéra et, sans appropriation des motifs musicaux, les élèves passent à côté de nombreux sentiments et d’une bonne compréhension de cet opéra.
Vous trouverez, dans les onglets suivants, les extraits de partition enregistrés au piano pour une approche plus complète de cette analyse : bonne écoute.

  • Découpage de l’œuvre
    Acte 1 – L’orchestre
    Acte 1 – Pas d’ouverture
    Acte 1 – Les différentes formes de récitatif
    Acte 1 – Première rencontre entre Mimi et Rodolfo
    Acte 1 – Air de Rodolfo « Che gelida »
    Acte 1 – Air de Mimi « On m’appelle Mimi »
    Acte 1 – Final acte 1
    Acte 2 – Introduction
    Acte 2 – Thème de la fanfare
    Acte 2 – Prémices de valse
    Acte 2 – L’amour côté Rodolfo
    Acte 2 – L’amour côté Mimi
    Acte 2 – Parpignol
    Acte 2 – Musette
    Acte 2– Musette et Marcello
    Acte 2 – La fanfare – Le tambour Major – Gloire à…
    Acte 3 – Introduction orchestre – Un thème en quinte parallèles
    Acte 3 – Un orchestre complémentaire du jeu de scène des motifs – Rappel des situations des personnages
    Acte 3 – Mimi – Marcello
    Acte 3 – Mimi condamnée, malade
    Acte 3 – Une séparation au printemps
    Acte 3 – Deux couples, deux manières d’aimer !
    Acte 3 – Deux couples, deux manières de se séparer !
    Acte 4 – Rodolfo Marcello
    Acte 4 – Pas de ballet mais…
    Acte 4 – Un dernier espoir
    Acte 4 – Le drame se noue – Le rôle de Colline
    Acte 4 – Air de Mimi
    Acte 4 – Mimi s’est endormie
    Acte 4 – Mimi n’est plus !

L’orchestre
C’est un orchestre symphonique romantique développé au niveau des familles instrumentales.

  • Puccini utilise dans la famille des bois :
    – 2 flûtes traversières
    – 1 piccolo
    – 2 hautbois
    – 1 cor anglais
    – 2 clarinettes en la
    – 1 clarinette basse
    – 2 bassons
    La famille des bois s’enrichie du piccolo, du cor anglais et de la clarinette basse.
    > Voir la famille des bois
  • Puccini utilise dans la famille des cuivres :
    – 4 cors en fa
    – 2 trompettes en fa
    – 2 trombones
    – 1 trombone basse
    La famille des cuivres s’enrichie du trombone basse et on trouve 4 cors à la place de 2.
    > Voir la famille des cuivres
  • Puccini utilise dans la famille des percussions :
    – 4 timbales
    – 1 triangle
    – 1 grosse caisse
    – 1 cymbales frappées
    La famille des cuivres gagne en couleur sonore avec l’utilisation du triangle et des cymbales frappées.

Problématique de la capacité d’accueil de la fosse d’orchestre pour la réalisation de certains opéras romantiques et postromantiques
Un tel orchestre, vu le nombre de voix instrumentales, demande l’utilisation d’une fosse d’orchestre assez grande, donc un théâtre adapté à ce type de formation.
En cas de difficultés, les chefs d’orchestre se voient parfois dans l’obligation de recourir à un nombre de cordes frottées moins conséquent pour interpréter la partition d’orchestre.
Le Grand théâtre de Bordeaux a été conçu au XVIIIe siècle par Victor-Louis. La construction a duré 7 ans. Son unique salle peut accueillir 1 114 personnes. Le chef d’orchestre doit gérer la problématique du nombre de musiciens convoqués par voix pour interpréter cette partition.

Acte 1

Acte 1 – scène 1
Puccini n’utilise pas d’ouverture, (pièce uniquement instrumentale qui débute un opéra).
C’est une introduction de 40 mesures seulement qui nous plonge immédiatement dans l’ambiance musicale et le sujet évoqué. Nous nous trouvons dans une chambre en hiver, Marcello est en train de peindre et discute avec Rodolfo.
Deux éléments musicaux d’importance :

  • une première phrase faisant entendre un élément rythmique base de la construction ; cet élément est énergique, il est exposé par une ligne directrice descendante oscillant avec une ligne directrice montante. Nous sommes d’entrée mis en contact avec ce jeu binaire de la morale et l’insouciance, Mimi et Rodolfo, Musette et Marcello.

 

  • un deuxième élément fait d’une gamme montante, au caractère rassurant, qui amène la stabilité de la cadence parfaite, image de l’amour, le vrai, non volage, et de la morale. Ici on entend les quatre cors et les cordes frottées, colorés par la harpe.
    Partition2

Acte 1 – scène 1 – Le récitatif
Passage en récitatif non accompagné : Rodolfo discute avec Marcello.
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Passage en récitatif accompagné : ici Marcello est accompagné par les bois (flûtes, hautbois, clarinettes et basson) et les cors..
Partition4Et si l’on veut aller plus loin, les cors jouent ce motif en liant les sons, alors que les cordes frottées et la harpe jouent ce même motif avec des sons accentués. Ne peut-on pas y voir les caractères des deux personnages ? Rodolfo plus passionné et Marcello plus impulsif et énergique.
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Trois personnages s’expriment en homorythmie sur du langage parlé. Rodolfo, Marcello et Colline sont tous d’accord et s’expriment ensemble. Nouveauté ici au niveau du récitatif, ce court motif totalement intégré à la discussion entre les trois amis, mais cette fois, harmonisé par Puccini. Ce n’est ni un chœur, ni un trio, mais un passage du récitatif, certes très innovant, accompagné par l’orchestre qui développe les accords joués par la harpe.
Dans le récitatif, la phrase musicale se met au service du langage, épousant le rythme et en soulignant le sens du mot. Il développe l’action de l’ouvrage et assure la progression du récit.
On perçoit alors une forme de parlé chanté. Ce type d’expression s’oppose à l’air (aria), moment où l’action s’arrête à un temps t, et le personnage exprime alors son ressenti.
Chez Puccini, une subtilité de composition dans son récitatif est novatrice. Ce récitatif pourra être lui aussi mélodique et pourra être accompagné par des motifs mélodiques déjà entendus, évocateurs eux-mêmes d’évènements ou d’émotions vécues.

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Rodolfo dit ici : « Je regarde fumer les mille toits de Paris sous fond de ciel gris ».
Chanter ce motif pour mieux se l’approprier :
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On entend bien plus loin dans l’acte le même motif mais cette fois joué uniquement à l’orchestre (ici les violons) pendant que les deux amis continuent de discuter, donc superposé à du récitatif.
Une écoute concentrée et une étude détaillée de l’œuvre sur le plan de l’analyse musicale permet de réellement mieux comprendre toute la richesse et les subtilités de cet opéra.
Puccini innove à sa manière sans réellement copier ses confrères compositeurs de son époque. On n’est pas dans du Leit Motiv wagnérien, ni non plus dans la richesse et l’originalité de la mise en évidence des voix chez Verdi, ou dans le récitatif la voix est accompagnée de différentes manières :
1 – Soit sous forme d’accords tenus (trémoli aux cordes) – effet de tension
2 – Soit le discours est ponctué par des accords brefs et secs
3 – Soit la voix est à l’unisson avec les violons et les altis
4 – Soit combinaisons de 1 et 2
Chez Puccini, et particulièrement dans la bohème, peu d’action sur scène mais beaucoup de choses dites dans la musique.
Application pédagogique en pédagogie inversée en cours d’éducation musicale.
– Donner au préalable en travail à la maison l’écoute du début de l’acte 1 de « La Bohème » de Puccini.
– Donner de manière informatique via une application « padlet » ou équivalent, la définition de récitatif en expliquant le traitement qu’en fait Puccini. Tout cela est donné aux élèves en travail préparatoire à la maison sans en avoir parlé en classe.
– Le moment du cours, faire chanter les élèves sur le motif « je regarde fumer les mille toits de Paris »
– Jouer ce thème au piano.
– Puis construire une création autour de cet élément avec des élèves volontaires déclamant un dialogue possible entre deux étudiants parlant de peinture et d’art en hiver dans leur chambre. Dans cette création on doit entendre le motif ou au moins le début chanté par un élève et le professeur accompagne ce moment en plaçant dès que possible ce même motif au piano.
– Proposer ensuite une écoute de l’acte 1 en demandant aux élèves de lever la main à chaque fois que le motif travaillé est entendu.

Mimi et Rodolfo
Arrivée de Mimi, première rencontre avec Rodolfo
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Une rencontre sur scène. Mimi vient frapper à la porte de Rodolfo. Aucun sentiment ne transparaît dans les motifs chantés par les deux personnages.
Par contre, tout est pratiquement dit dans l’orchestre en deux mesures avec ce motif joué par les clarinettes. Un motif très lié, qui porte l’espoir, du grave vers l’aigu, et de plus joué par un instrument souvent associé à l’amour : la clarinette.
Après une partie en dialogue mélodique entre mimi et Rodolfo, arrive le moment ou Rodolfo va montrer sa flamme naissante pour le cœur de Mimi.
Les cordes avec sourdines accompagnent Rodolfo de manière à mettre plus en évidence la voix du ténor. C’est le moment du grand air de Rodolfo. Laissons parler la musique en regardant une vidéo You tube de votre choix de cet air Che gelida manina.
Deux intervalles importants sont à mémoriser pour la suite et rappelleront la flamme portée par Rodolfo pour Mimi. La harpe viendra en échos faire rappel de cette émotion vécue.

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Réponse de Mimi à Rodolfo

Air de Mimi : Il débute par cinq notes déjà entendues avant que Mimi ne rencontre Rodolfo. Ces notes étaient jouées par la clarinette. Elles sont ici le motif principal de cet air, sur le texte « Je m’appelle Mimi ».

L’accompagnement se fait en homorythmie par les cordes avec quelques valeurs longues au bois ponctuant le discours. La voix de soprano est ainsi mise en évidence et l’émotion est au rendez-vous. Deux intervalles marquent ce passage ici aussi.

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Laissons parler la musique…
Fin de l’acte 1 – Conseil : faire écouter cette fin d’acte avec une vidéo internet You tube de votre choix.

Acte 2

Acte 2 – Introduction
Dès le début de l’acte 2 on entend très clairement exposé un thème très particulier par le fait qu’il procède en accords avec une voix à la quinte de l’autre (ce qui est théoriquement considéré comme une erreur en cours d’harmonie).
Les trois trompettes en fa exposent cet élément thématique, structurant tout le début de ce deuxième acte. Aujourd’hui les trompettistes n’utilisent plus les trompettes naturelles.
Ce thème va être entendu en entier ou en partie dans l’accompagnement orchestral de ce début d’acte 2, illustrant l’ambiance festive dans le quartier latin.
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Thème de la fanfare
Ce motif thématique aux caractéristiques de marche, illustrant l’ambiance dans le quartier et la fanfare de rue, avec cette succession de quarte et gamme descendante, va aussi marquer tout le début de l’acte 2. On l’entend ici aux trompettes en fa, aux cors et au basson. Peut-on voir dans l’utilisation du basson une caricature de ce côté martial, à l’image de Stravinsky plus tard dans l’histoire du soldat (1920) ?
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Prémices de valse
Dans cette ambiance des plus joyeuses et festives, sur fond de marche, de fanfare, Puccini insère quelques mesures qui pourraient nous faire penser à la danse et ici à la valse.
Cet élément thématique exposé ici par les cordes, va lui aussi marquer ce début d’acte. On l’entendra comme les éléments précédents dans l’accompagnement orchestral. Puccini fait passer beaucoup de son message dans l’orchestre, c’est une illustration musicale directe de l’ambiance qui se passe sur scène. On note peu d’actions sur scène, mais beaucoup de choses sont dites dans l’orchestre. Les violons exposent ici cet élément qui nous fait penser au bal populaire dans le Quartier latin et à la valse.
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L’amour – Côté Rodolfo
Rodolfo aime Mimi et Mimi aime Rodolfo. Ils en parlent en plein jour devant leurs amis. Puccini va utiliser la clarinette en contrepoint mélodique des voix, symbole de l’amour chez les compositeurs romantiques. Chaque fois que Rodolfo évoque son amour pour Mimi, on prend le temps de s’arrêter, par un tempo ralenti, sur une note plus aigüe ou sur un motif utilisé dans l’acte 1.partition12

Rodolfo, avec sa voix de ténor, ne perd pas un instant lorsqu’il se rapproche de Mimi pour lui montrer l’amour qu’il lui porte. Ici cette belle phrase se termine sur une note des plus aigües sur justement le mot «amor ».
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L’amour – Côté Mimi
Côté Mimi, cet amour est illustré par un motif musical bien particulier, insérant une mesure à 3/4 au milieu d’une carrure à 2/4. Un appui décalé se fait donc sentir. Est-ce une hésitation côté Mimi à s’engager ? Est-ce une annonce de cet amour qui finira par s’éteindre ?… Mimi est doublée par la clarinette, instrument dédié à l’amour dans l’opéra romantique.
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Parpignol
L’arrivée de Parpignol dérange ce dialogue d’amour. Un thème très joyeux est entonné par le chœur d’enfants autour du marchant de jouets. On l’entendra, soit dans l’orchestre, soit par le chœur d’enfants. L’élément qui est amusant et facile à mémoriser en est la fin musicale de ce motif, scandant le nom de Parpignol.
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Musette
Personnage frivole, insouciante en amour, extravertie, elle chantera son air sur un rythme de valse. Puccini compose ici une très belle page de musique, à une époque où la valse était à la fois musique de société et aussi musique plus légère et populaire dans le Paris fin XIXe début XXe.
Doublée par les violons, Musette chante sur l’accompagnement caractéristique de la valse, une basse suivie de deux accords, marquant les trois temps de la valse. Une petite ornementation sur le troisième temps – des flûtes traversières – image ce côté frivole et léger du personnage.
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Musette et Marcello
Marcello, voyant Musette à nouveau libre, va se rapprocher d’elle. C’est l’air de Musette qui va musicalement les réunir. Marcello chantera cette mélodie avec sa voix de ténor, et musette en contrepoint exprime son envie mais avec une image musicale qui montre tout de même son excentricité et sa frivolité. De grands intervalles sont placés en début de ses réponses ainsi que des notes piquées (striando noté sur la partition).
Puis chaque personnage dans cette bande d’amis y va de son commentaire. On a une superposition maximale de voix, certains commentent et d’autres s’associent parfaitement à cette nouvelle rencontre en doublant la mélodie de Marcello, donnant ainsi un moment d’une émotion intense dans cet acte.
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La fanfare – Le tambour Major – Gloire à …
La fanfare passe dans le Quartier latin. C’est une fanfare militaire qui défile en début de soirée. Ce défilé du soir porte le nom de « retraite ». C’est un moment que l’on retrouve le 14 juillet avec une retraite aux flambeaux dans de nombreuses villes de France. Les musiciens de la fanfare se trouvent sur scène.
Ici, le texte parle du tambour major, avec sa canne recouverte d’or, et de la garde qui passe, gloire au Quartier latin. On note en homorythmie un deuxième texte évoquant alors Musetta chanté par les quatre amis, la glorifiant au moment où le chœur parle du plus bel homme de France en évoquant le tambour major.
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Acte 3

Introduction orchestre – Un thème en quinte parallèles
Mise en valeur des flûtes et de la harpe.
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Accompagnement en trémoli à la quinte par les cordes.
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Un orchestre complémentaire du jeu de scène des motifs – Rappel des situations des personnages
On pourrait penser au leitmotif cher Richard Wagner dans ses opéras, mais ici on a pas une utilisation systématique des motifs selon les situations, ils interviennent pour replonger l’auditeur dans une atmosphère particulière propre à chaque personnage et couple. Un rappel en ce début d’acte 3.
Mimi triste et inquiète entre en scène sur ce motif qui la caractérise, dans la « rue d’enfer » où se trouvent un sergent et des officiels. On entend ensuite les cloches de l’Hospice Sainte-Thérèse. C’est l’hiver.
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Cloches
Sur les notes de Big Ben.
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Mimi – Marcello
Mimi, malade, vient rencontrer Marcello pour se confier à lui. Elle doute de l’amour que lui porte Rodolfo, trop jaloux.
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Rodolfo, à l’écoute de Mimi, complète parfaitement ses phrases musicales. Prémices de rupture ?

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Mimi condamnée, malade
Dialogue Rodolfo – Marcello
Rodolfo apprend à Marcello la terrible maladie qui affecte Mimi. Cette maladie est aussi à prendre en compte dans le choix de rupture. Une rupture au printemps et dans l’amour, nous dit l’orchestre.
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Une séparation au printemps
Mimi et Rodolfo, après un dialogue et un long passage soliste de Mimi, annoncent à l’unisson que leur séparation attendra le printemps. Ici aussi utilisation des ruptures de tempi, dans ces passages vocaux sublimes mettant très en valeur les voix des personnages.
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Deux couples – Deux manières d’aimer !
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Deux manières d’aimer, deux types d’écritures musicales.
– Un couple, Marcello Musetta, dans l’insouciance et la frivolité, avec de grands intervalles.

– Un couple, Rodolfo Mimi, plus uni, envisageant la rupture, avec des notes conjointes.

Deux couples – Deux manières de se séparer
Dans le quatuor final de l’acte 3, la séparation est musicalement à l’unisson. Toutes les voix chantent la même mélodie. À nouveau les ruptures de tempi pour ces moments importants, mais deux textes différents. Unisson total entre Mimi et Rodolfo, alors que Marcello rejoint la mélodie dans un deuxième temps, sur un texte différent de sa compagne et dans la dispute.
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Acte 4

Rodolfo – Marcello
L’acte débute par un dialogue entre les deux amis qui se retrouvent dans leur chambre du Quartier latin. Ils évoquent tous les deux leurs amours. On entend dans l’orchestre les motifs rappelant leurs sentiments. Ce passage se termine par un duo dans lequel les deux amis chantent à l’unisson leurs sentiments mais chaque différence de point de vu sera évoquée, soit par un texte différent, soit par une ligne mélodique différente. L’orchestre termine seul cette très belle page de musique reprenant son motif principal. Rodolfo et Marcello se retrouvent à l’unisson mais sur des textes différents.
partition31 L’orchestre double les voix.
L’orchestre termine cette page musicale avec le violon solo et le violoncelle solo interprétant le motif principal.
partition32Pas de ballet mais…
Tous les amis se retrouvent dans leur pièce, et se mettent à s’amuser, en retrouvant leurs activités préférées… Un petit côté comique s’installe au sein de ce quatrième acte. L’orchestre se voit confier une page théâtralisée sur scène par le jeu des acteurs.partition12 Un dernier espoir…
On retrouve une dernière fois les deux couples dans le type d’écriture qui les oppose.
Mais cet espoir fait place à une vraie inquiétude. Mimi est malade. Rodolfo s’inquiète…
partition12 Les deux personnages terminent la phrase à l’unisson.
Rodolfo prend la même attitude inquiète par un jeu vocal en imitation et détaché.
partition12 Le drame se noue… Le rôle de Colline le philosophe
Au milieu de cet acte, Colline chante l’air qui va faire basculer cette tranche de vie dans le drame.
Cette intervention très philosophique se termine par le texte « fedele amico, o addio ».
Accompagnement en basse accord, mettant en valeur la voix et le texte.
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Air de Mimi
Sur son lit Mimi exprime ses sentiments. Elle est très malade, Rodolfo l’écoute.
Deux manières musicales pour exprimer ces sentiments :
– un accompagnement en accord, ponctuant chaque temps de la mesure, sous forme d’ostinato (image de la marche funèbre), accompagne la mélodie chantée par Mimi ;
– la mélodie est doublée dans l’orchestre en homorythmie en accords, complétant l’harmonie, et parfois en rythme pointé, accentuant cette marche vers la mort.
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Mimi s’est endormie
Dans ces derniers instants, on entend tout particulièrement les deux intervalles de Mimi, déjà entendus à l’acte 1, joués dans l’orchestre qui en fait l’image des souvenirs de Mimi dans ce moment tragique.
Mimi chante recto tono, sur une seule note avant de s’endormir. Noter aussi :
– la présence des intervalles de Mimi ;
– un accompagnement marquant uniquement le deuxième temps, battements du cœur toujours présents.
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Mimi n’est plus !
Les amis se retrouvent et évoquent leurs sentiments devant Mimi endormie.
Rodolfo se penche sur elle et crie deux fois le prénom de son amour.
Mimi n’est plus.
Musicalement tout se passe dans l’orchestre en entendant le dernier air de Mimi avec les accords aux cuivres en ostinato accompagnant cette très belle et dramatique mélodie.
L’acte se termine sur une succession d’accord de do dièse mineur.
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